La pancarte et les affiches qui vont dessus

Le principe est d'indiquer quel matériel et méthode on a effectivement utilisé.

La pancarte

Le format

Ici, le choix s'est porté sur des affiches au format A2 qui a semblé le meilleur compromis entre plusieurs contraintes : lisibilité, facilité de transport, prise au vent, effort pour la porter, un multiple de taille de papier “imprimable” (A4 ou A3).

Compte tenu des marges à l'impression, il n'est pas indispensable que la pancarte soit plus grande que l'affiche. On peut néanmoins souhaiter souhaiter réserver un espace fixe, au bas, pour la signature. Dans notre cas, la pancarte mesure 420 x 670 mm (au lieu des 420 x 594 mm du format A2)

Matériaux

La pancarte a été réalisée avec les moyens du bord : du carton récupéré au supermarché et un bout de baguette plate qui trainait dans un coin. Si on ne trouve pas des cartons dont une face ait la taille voulue ce n'est pas catastrophique.

Fabrication

En effet, la pancarte est réalisée avec une double épaisseur de carton, ce qui permet, en croisant les ligne de faiblesse (plis) du carton, d'obtenir une pancarte suffisamment résistante. Dans notre cas, le “manche” étant un morceau de bois plat, on lui fera traverser la pancarte sur toute la hauteur, afin de la rigidifier.

Le choix d'une baguette plate facilite grandement l'assemblage des deux couches de carton. Le “manche” est donc pris en sandwich et collé à la colle à bois, entre deux couches de cartons elles-même collées (avec ce qu'on trouve, tout marche). Si on dispose d'une agrafeuse de bureau, on peut agrafer le pourtour de la pancarte. Le résultat est moche mais la pancarte a pour finalité d'être recouverte d'une superbe affiche, percutante, drôle, intelligente et colorée. On sera néanmoins bien inspiréE de réaliser un “cadre” de papier “propre” d'une dizaine de cm de largeur.

À l'usage, il apparait que la baguette plate utilisée résiste à des vents moyens. De toutes manières quand le vent souffle, il est idiot de vouloir lui résister à tout prix, mieux tourner la pancarte pour limiter sa prise au vent ;-) La prise en main, en revanche, laisse grandement à désirer (ben oui, un truc plat, banane !!!). Donc, sauf si vous aimez souffrir (comme ça), il serait judicieux de faire quelque chose.. Un “grip” bricolé, façon raquette de tennis ?

Transport

On n'a pas forcément toujours envie d'être en manif pendant que l'on se rend à la manif. Pour emballer la pancarte, j'ai trouvé un sac en plastique d'un grande enseigne (de bricolage) qui s'est avéré être exactement à la bonne taille :-)

Les affiches

Outils

Matériels

  • un ordi (et des logiciels, voir plus loin)
  • une imprimante A4 N&B recto
  • 4 feuilles de papier A4 par face (si on ne fait pas de tests)
  • une planche à découper
  • un cutteur
  • un réglet métallique
  • du ruban adhésif “invisible” (mat)
  • crayons et/ou feutres de couleurs (peinture à l'eau si le temps s'y prête)

Logicels

FerventE du logiciel libre, j'ai utilisé :

  • Linux (Ubuntu), comme système d'exploitation
  • inkscape, comme logiciel de dessin (vectoriel)
  • le gimp, comme logiciel de retouche graphique
  • poster, comme logiciel d'impression d'affiches
  • plein de polices de caractères (pour avoir du choix)

Réalisation

Avant de se lancer

Qualité d'impression

Je me suis posée la question de la qualité du rendu final, une fois l'affiche imprimée au format A2 (4 x A4). La question se résout assez facilement. On fait comme si on allait imprimer sur une seule page A4 qu'on tiendrait à la main. La perte éventuelle de qualité d'impression due au passage au format A2 est largement compensée par la distance à laquelle les lectrices se trouvent de l'affiche.

Couleur

L'impression avec des encres de couleurs n'est pas le seul moyen de réaliser des affiches colorées. Heureusement, car ce type d'impression est extrêmement couteux, sur des imprimantes “personnelles”. J'ai utilisé trois techniques simples :

  • papier de couleur,
  • polices de caractères à “contours” que l'on coloriera manuellement,
  • écriture manuscrite, en couleurs, de lettres, de symboles ou de mots que l'on veut faire ressortir.

Composition de l'affiche

J'ai utilisé deux logiciels : inkscape et Le Gimp.

Inkscape

Inkscape est un logiciel de dessin “vectoriel” qui permet de créer des forme (objets) que l'on peut indéfiniment modifier, grouper, redimentionner, etc. À cette malléabilité vient s'ajouter une qualité (définition) des dessins, quel que soit l'agrandissement, ou la déformation qu'on leur applique. Cela s'applique également au texte qui est considéré comme un dessin.

Attention ! Si on insère un image récupérée par ailleurs, celle-ci ne sera probablement pas un dessin vectoriel mais un image “bitmap” (au format png, gif, tiff…). Tout agrandissement ou déformation de ce type d'image s'accompagne d'une dégradation de l'image.

À titre d'exemple, la pancarte du 19 mars 2009 a été entièrement composée à l'aide d'inkscape. Elle ne comporte aucun élément inséré et les seuls dessins sont les flèches du verso, réalisé à l'aide du logiciel. Le texte orienté et incurvé des flêches du haut est un exemple typique de l'intérêt à utiliser un logiciel de dessin vectoriel, même pour une affiche simple. Sur ce même texte, on constate que l'absence de contrôle de l'interlettrage est pénalisant.

Lorqu'on crée un document inkscapte, le logiciel propose toute une série de formats. J'ai choisi le format A4.

On enregistre le fichier au format proposé, par défaut (ici svg inkscape, extension ”.svg” ).

Le Gimp

Le Gimp est un logiciel de dessin (“bitmap”) et de retouche de photos. À la différence d'un logiciel vectoriel toute image est composée d'un nombre fini de points. La qualités des images est donc sensible aux agrandissements et aux déformations. Dans ces conditions, pourquoi l'utiliser ?

Je ne sais pas si c'est justifié, mais j'ai utilisé Le Gimp à partir du moment où j'ai voulu insérer des images récupérées par ailleurs et leur appliquer des traitements particuliers. Autre avantage du Gimp, on peut jouer sur l'interlettrage, ce qui est très pratique pour adapter les textes aux tailles des polices et à la distance de lecture. La pancarte du 7 mars est un exemple représentatif de ce type de situation. Le bas de l'affiche combine une photo de mur (le fond), un logo (feminist star) et du texte. Chaque élément est placé sur un “calque” et les trois calques sont combinés suivant des régles de superposition et de transparence particulières. La photo du mur a été retraitée et le texte a été rendu flou.

Lorsqu'on crée un nouveau document avec Le Gimp, le logiciel nous demande d'indiquer la définition de l'image que nous souhaitons créer. Pour notre affiche, une image de 800 x 1200 pixels (largeur x hauteur) convient tout à fait. Inutile d'en demander plus, cela ne fera que rendre les traitements plus lents et les fichiers plus gros.

On enregistre le fichier au format proposé, par défaut (ici image xcf Gimp, extension ”.xcf”).

Préparation pour l'impression

Une fois l'affiche composée, nous allons en créer une version imprimable au format A4. Cette version sera un fichier PostScript (ps ou eps). On peut imprimer ce fichier pour avoir une idée du rendu de l'affiche. La manière d'obtenir cette version imprimable dépend du logiciel utilisé.

Inkscape

Depuis les denières version d'Inkscape, la sauvegarde au format eps préconisée jusqu'ici n'est plus opérante (perte du cadre de page). La solution recommandée est d'imprimer l'affiche dans un fichier de type postscript, via le dialogue d'impression standard. L'inconvénient est qu'on perd la maîtrise directe de certains réglages de conversion. L'ancienne technique, conservée ci-après en italiques, reste pertinente si l'on souhaite impérativement conserver une sortie au format eps, en vue d'une inclusion dans un autre document, par exemple.

Si l'on a composé l'affiche avec inkscape, on demandera à “enregistrer sous” et on choisira le format “Postscript encapsulé” (eps). Une boîte de dialoque apparaît, proposant plusieurs options. Si la case “créer une boite englobante autour de la page” n'est pas cochée, il faut la cocher !

Le Gimp

Si l'on a composé l'affiche avec Le Gimp, on demande à imprimer le document. Mais on choisit l'option “imprimer dans un fichier” et on coche le bouton “postscript”. Avant de valider l'impression, on sélectionne le volet “paramètres de l'image”, on coche la case “ignorer les marges de pages” et on diminue la résolution jusqu'à ce que l'image occupe le maximum de place sur la page. Une fois tous les réglages réalisés, il n'y a plus qu'à “imprimer”, c'est-à-dire créer le fichier postscript imprimable.

Impression finale (sur plusieurs feuilles)

Il ne reste plus qu'à transformer notre affiche qui est actuellement au format A4 en une affiche au format voulu (ici A2).

Le logiciel poster est fait pour ça et rien que ça. Il le fait simplement et bien. Quelle que soit le format d'impression du fichier (ici A4) poster adaptera l'impression en fonction de la taille du papier utilisé et de la taille de l'affiche visée. Il faut donc lui donner ces deux information.

Posteriser sous KDE

Les utilisatrices du l'environnement de bureau KDE sont vernies car elles ont accès à poster sans même le savoir. Elles ouvriront le fichier imprimable comme n'importe quel fichier. Il ne leur reste plus qu'à en demander l'impression. Dans leur dialogue d'impression, choisir une imprimante puis sélectionner le volet “affiche”. Là, l'interface est explicite et il suffit de se laisser guider.

Posteriser en ligne de commande

Poster s'utilise aussi en “ligne de commande”, dans un terminal.

On commence alors par ouvrir un terminal dans le répertoire contenant le fichier à imprimer. Supposons que ce fichier soit mon_affiche.eps, la commande s'écrira :

poster -v -mA4 -pA2 mon_affiche.eps > affiche_finale.ps

un petit mot sur les options :

  • -v (verbeux) indique que l'on désire que poster nous raconte ce qu'il fait
  • -mA4 indique que le papier utilisé (media) est au format A4
  • -pA2 indique que le poster voulu est au format A2 (si on voulait du A0, il suffirait de l'indiquer ici)
  • > sert à indique que ce qui suit est le nom du fichier qui devra contenir le résultat

Il faut savoir que poster applique des marges au format final. Tant que vous êtes dans un terminal,la commande la commande man poster vous en dira plus sur les options proposées par ce logiciel. La documentation affichée contient des exemples commentés d'utilisation qui permettent de comprendre l'essentiel sans lire toute la documentation.

Le résultat est alors un fichier postscript, créé dans le même répertoire que notre affiche. Il suffit de cliquer (ou double-cliquer) dessus pour voir ce qu'il contient. On verra que poster a éclaté notre affiche en autant de pages que nécessaire et qu'il a ajouté des traits de coupe et pensé à qu'il y ait un léger chevauchement pour simplifier l'assemblage des pages. On peut enfin imprimer le fichier sur papier en demandant une impression “classique”.

Assemblage

Nous devons maintenant découper et assembler les morceaux de notre affiche. Il faut réfléchir un peu… On n'assemble jamais deux feuilles bord à bord mais on s'arrange pour que l'une chevauche l'autre. Celle qui chevauche est coupée (sur ce bord) suivant les traits de coupe. Celle qui est chevauchée (sur ce bord) est laissée intacte.

Pour l'assemblage, on procède par ligne (haut/bas) ou par colonne (gauche/droite) suivant son inspiration et l'endroit où le texte (où le dessin) est le plus “coupé”. Dans tous les cas, on ne fait qu'un préassemblage en ne mettant qu'un petit bout de ruban adhésif à chaque extrémité. Chaque feuille se raccordant avec deux feuilles, il est à prévoir que le premier préassemblage devra être ajusté en fonction du second. Quand le préassemblage nous convient, il n'y a plus qu'à le terminer en posant du ruban adhésif sur toute la longeur du chevauchement, côté face visible.

Pose de l'affiche sur la pancarte

En format A2, du ruban adhésif sur tout le pourtour de l'affiche suffira. Inutile de mettre de la colle au dos de l'affiche. On pourra ainsi facilement enlever les affiches et réutiliser la pancarte sans la surcharger de papier.

Ressources et conseils

Polices de caractères

S'il est pratique de pouvoir faire son choix entre de nombreuses polices de caractères, encore faut-il les avoir récupérées et installées.

Pour commencer, quelques adresses de sites proposant de télécharger des polices libres de droits ou gratuites pour un usage personnel :

Un moteur de recherche devrait en trouver plein d'autres avec “free fonts” ou “polices gratuites” comme paramètres de recherche.

Attention, de nombreuses polices ne proposent qu'un jeu limité de caractères : majuscules seules, pas de voyelles accentuées, pas de chiffres, pas de signes de ponctuation… Inutile de vous encombrer de polices trop limitatives quant à leurs possibilités d'utilisation.

L'installation des polices dépend beaucoup de votre système et de comment il est configuré. Avant de l'installer, vous devez également la décompresser car elle se trouve à l'intérieur d'un fichier-archive zip. Pour “dézipper” le fichier téléchargé, faites comme d'habitude et si vous n'avez pas d'habitude, essayer un clic-droit. Pour l'installation, sur un Linux pas trop spartiate, un clic-droit (encore !) sur le fichier de la police fait apparaitre un menu surgissant qui devrait vous proposer une option d'installation de la police.

Dessins, pictogrammes, photos...

On n'est pas obligéEs de tout créer, on peut utiliser des images libres de droits. Et puis ça fait toujours du bien de regarder qu'on fait d'autres gentes. C'est comme ça que je suis tombéE sur la feminist-star qui rompt avec l'imagerie essentialiste, biologisante et genrée (le cercle, avec un nombre variable de symboles “sexuels” !) en inscrivant le féminisme comme une position politique.

Les photos sont plus compliquées à utiliser et risquent de soulever des problèmes de qualité (définition) à l'impression. Mais elles peuvent aussi servir de fond, à tout ou partie de l'affiche. Dans ce cas, la faible définition de la plupart des images que l'on trouvera sur internet sera biens souvent suffisante. L'utilisation de photos imposera généalement de passer par un traitement minimal de la photo. Ne pas hésiter à faire des essais et ne pas hésiter à abandonner si ça ne fonctionne pas.

Pour trouver des images, on fait comme pour le reste. Il y a de banques d'images, de photos et les omniprésents moteur de recherche :

Les logiciels

Parmi les logiciels mentionnés, seul poster est spécifique à la réalisation d'affiches. Quel que soit votre Linux, vous devriez pouvoir l'installer aussi facilement que n'importe quel autre logiciel courant (openoffice, firefox…). Le Gimp et Inkscape sont des basiques qui seront soit installés avec votre Linux, soit faciles à installer. Si vous utilisez un Linux en version Unbuntu ou Debian, il suffit de copier la commande suivante et de la coller dans un terminal :

sudo apt-get install gimp inkscape poster

Si vous êtes déjà habituéE à d'autres logiciels de dessin il n'y a pas de raison de changer. Ainsi, à la place d'Inkscape, vous pourrez faire appel l'application de dessin d'OpenOffice ou à karbon (le logiciel de dessin vectoriel de KDE). De même, le logiciel de retouche d'image et de photos krita pourra remplacer Le Gimp.

Quelques recommandations de composition

Les conseils valent ce qu'ils valent, mais ils peuvent servir d'alerte lorsqu'on se rend compte qu'on ne les suit pas. Est-ce bien judicieux ? Ai-je une raison particulière de ne pas suivre tel conseil ? La formule ”respectez ces recommandations sauf si vous savez exactement ce que vous faites” s'applique à liste suivante :

  • ne pas sacrifier le texte à des effets de mise en page,
  • limiter le nombre de polices,
  • ne pas hésiter à abandonner une police qui se trouve être moins lisible qu'on ne pouvait le penser, même si on la trouve toujours aussi chouette,
  • laisser le texte aéré (un affiche ne se lit pas comme une page de roman) et ,d'une manière générale, éviter de tasser les éléments les uns contre les autres,
  • il suffit de peu de couleur pour mettre de la couleur,
  • lorsqu'on saisi le texte, placer chaque ligne du texte dans un bloc autonome (ce qui revient à gérer l'interlignage et les marges à la main),
  • éviter les superpositions si on n'arrive pas à jouer avec les transparences et les calques (mais, si on a le temps, ne pas hésiter à faire des essais, sinon on ne saura jamais)…
 
public/la_pancarte.txt · Dernière modification: 2011/04/12 09:12 (édition externe)
 
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