Le filmoutil

On se doute qu'un filmoutil partage beaucoup de choses avec un film… À vrai dire, on n'en sait rien car on n'a jamais fait de films ;-) Tout ce qu'on peut dire c'est comment on s'y est prisES.

La première chose à préciser est que le filmoutil parle de nous, de nos pratique, de nos questions. De plus, il est bâtit à partir d'une situation précise (Marche des TorduEs, AG des TorduEs) ou ces questions se sont posées. Une expérience dont nous avons été parties prenantes. Autant dire que l'on se fout des préciosités de “journalistes” ou “d'artistes” qui se demandent s'yels parlent à la première personne au pas. Quant aux “intellectuels” nous les laissons à leur professions de foi d'objectivité que la matérialité économique, sociale, symbolique de leur existence se charge de ramener au lot commun. Comme l'écrivaient, en 2006, d'autres TorduEs : nous n’avons besoin de personne pour nous dicter qui nous sommes, ce que nous voulons dire, à qui nous voulons nous adresser et comment nous voulons l’exprimer. Un filmoutil est donc, avant tout, une auto-production, au sens social, politique et économique de la lutte.

Ce qui nous aidé

  • Une idée précise (et pas très claire), dès le début de la question que nous voulions traiter.
  • Les situations à partir des quelles nous construirions nos récit. Le type de matériau que nous collecterions.
  • Les contextes d'utilisations du filmoutil et par la même sa durée.
  • Un délai court (2 mois) et une date de première diffusion ;-)
  • La disposition d'une caméra et d'un ordi permettant (à minima) de fabriquer l'objet vidéo.
  • Le choix du type de licence (on ne perd pas de temps à négocier… on sait qu'on ne peut rien utiliser)

Ce qui nous a handicapé

  • Le chevauchement matériel de la participation active à l'action et au tournage
  • La compétition avec d'autres activités militantes
  • Une méconnaissance théorique et pratique presque totale de la vidéo et du son
  • L'absence de plate-forme technique commune aux réalisatrices
  • Un délai court

La réalisation

Le planning

Le planning s'est déroulé en 4 temps succéssifs, sans recouvrement :

  • préparation,
  • tournage,
  • dérushage et formalisation du plan,
  • montage.

La préparation

L'idée du projet a surgi peu de temps après que nous ayons arrêté la décision et la date d'organisation d'une AG des TorduEs. Au début, l'idée était simplement de conserver une trace de l'AG, ce qui était un peu court comme argument ;-) En nous demandant pourquoi il nous semblait intéressant de garder une trace de ce moment, nous avons formalisé le fil conducteur du projet : ”Le cheminement qui nous a conduitEs de l'organisation d'une marche à l'appel à une AG nous semble participer d'un questionnement plus large sur le lien entre le contenu idéologique et le contenu politique de l'action”. Nous avons également arrêté la forme (un filmoutil court), le mode de traitement (interview), ainsi qu'une échéance (2 mois et demi) et le planning qui permettait de la tenir :

  • réalisation des questionnaires pour les interviews (10j),
  • tournage (15j),
  • dérushage (15j),
  • montage (1 mois).

Les caractéristiques du projet étaient arrêtées. Ce serait un filmoutil de 15 minutes, essentiellement bâti à partir d'interview. Nous nous sommes imposé le format de 15 minutes afin que le filmoutil puisse être utilisé pour introduire des débats courts (typiquement, une heure, projection comprise).

Le tournage

Notre plan de tournage était très dépendant de l'AG elle-même puisqu'il prévoyait des interviews de participantEs avant et après l'AG. La série d'interviews des organisatrices que nous souhaitions réaliser quelques jours après l'AG nous laissait plus de latitude dans l'organisation.

Les interviews des participantEs ne se sont pas déroulées comme nous l'espérions. Nous comptions beaucoup sur le pique-nique qui était prévu, avant l'AG, à la fois pour réaliser l'interview elle-même mais aussi pour expliquer le projet à des personnes généralement peu enclinte à se laisser filmer et les inciter à y participer. À la fin de l'AG, fatiguéEs par 4h30 d'AG ininterrompue, nous n'avions plus l'énergie suffisante pour mener à bien notre travail de conviction et de tournage ;-) Résultat : du contenu en ligne avec nos attentes mais pas assez diversifié…

Les interviews des organisatrices s'étalèrent dans le temps. Le “retard” de tournage eu peu d'effet, en revanche, les personnes concernéEs s'étant rencontrées plusieurs fois, elles avaient partagé leur impressions et leur analyses. D'où une certaine “uniformisation” dans le vocabulaire employé (une idée à creuser pour un futur projet).

Le dérushage

La prise de connaissance du matériau réellement disponible nous a permis de construire le plan (chapitres et enchainement). Il était alors possible d'extraire des rushs le matériau sucseptible d'être utilisé pour chaque chapitre.

Pour la première fois, nous pouvions confronter le matériau, le propos et le format. Que pouvions-nous dire de notre sujet, avec le matériau disponible, dans les 15 minutes imparties ?

De plus, il nous paru nécessaire d'introduire une évocation de ce qu'avaient été les Marches des TorduEs, pour celleux - nombeuxES - qui n'en avaient pas la moindre idée. Une séquence de plus qui accroissait mécaniquement la pression du format et qui soulevait un problème de recherche et d'accès à des matériaux complémentaires.

Un plan en quatre chapitres a été stabilisé, chaque personne s'occupant de deux chapitres :

  1. imaginaire et signification des TorduEs (évocation, participantEs)
  2. de la marche à l'AG
  3. de l'AG à ?
  4. les attentes avant et au regard de l'AG

Compte tenu des disponiblités des deux personnes motrices du projet, nous avons décidé que l'essentiel du travail se ferait à distance, tout en prévoyant des réunions physiques périodiques. Pour des raisons d'incomptabilité Linux/Windows, chacunE travaillerait avec des propres logiciels (à cette date, aucun logiciel libre de montage virtuel vidéo multipistes ne fonctionne sur les deux systèmes).

Le montage

Partant du matériau ventilé dans les chapitres et de l'objectif final, nous avons fait une première répartition des durées attribuées à chaque chapitre. Cette étape cruciale a permis de hiérarchiser les contenus. En effet, il s'agit d'un travail d'écriture à partir d'une parole qui existe dans l'état où elle est. Certaines idées semblent importantes mais, compte tenu du matériau disponible, elles demandent un temps important (relativement au temps disponible) pour être exposées. On en peut donc hiérarchiser les idées, a priori, au regard du seul sujet du filmoutil.

Parallèlement au montage, il a fallu réaliser des opérations en “studio” :

  • notre prise de son au cours du tournage ayant été trop laxiste, un retraitement des pistes audio étaient indispensables,
  • l'enregistrement de la lecture des textes sélectionnés,
  • les matériaux complémentaires ayant été collectés, restait à produire animations et diaporama.

Bien qu'ayant travaillé sur deux systèmes, le montage définitif a été fait sur un seul (Linux/Cinelerra). Sous Windows, nous avons effectué un “prémontage” complet qui a servi de document audiovisuel d'exécution pour le montage final des deux parties concernées. Les rushs étant relativement peu volumineux, cette technique s'est avérée praticable.

L'écriture

Le projet a été écrit en plusieurs étapes.

Les questionnaires

Compte tenu des délais, des conditions de tournage prévisibles (faible disponibilité) nous avons rapidement opté pour des entretiens directifs s'appuyant sur des questionnaires.

Une fois le sujet précisé, il s'est agi de trouver ce qui dans l'expérience singulière en cours avait le plus de chance de l'éclairer u mieux. Cela a pris la forme de moments (juste avant l'AG, juste après l'AG, quelques jours après) et de personnes (participantes/organisatrices de l'AG). D'où trois questionnaires. Le choix des questions orientait déjà les contenus que nous pouvions espérer ; tout en sachant que les réponses sont, heureusement, surprenantes ;-)

À ce stade, nous ne disposions d'aucun plan, même approximatif.

Anticipant un usage futur des interview, pour un autre projet, nous avons ajouté des questions a priori hors sujet pour le projet en cours.

Le plan

En faisant abstraction du classement en/hors sujet des questions, nous avons examiné la matière à réflexion que nous avions collectée (dérushage). Le but poursuivi était d'organiser au mieux le matériau disponible tout en restant dans le propos tout en constatant que les idées que nous trouvions les plus intéressantes n'entraient pas toutes dans le propos de ce filmoutil :(

Nous avons grossièrement dessiné quatre parties : signification des TorduEs, de la marche à l'AG, les attentes concernant l'AG et les résultats. S'y ajouterai une introduction minimale qui donnerait des éléments illustratif des TorduEs de 2005-2006. Nous avons inversé les deux dernières parties (attentes, résultat) afin d'essayer de mieux mettre en avant des différentes perceptions des résultats de l'AG et d'articuler les attentes aux résultats (ce qui impliquait l'inversion).

Devaient également s'intercaler une lecture du début du tract d'appel à la marche 2006 entre l'introduction et la première partie et une lecture intégrale de l'appel à l'AG (entre la deuxième et la troisième partie).

La disparition des questions

La suppression des questions soulève deux problèmes. La lisibilité du récit et le respect des paroles restranscrites. De fait, le problème de lisibilité a été ne s'est pas posé, les réponses ayant été longues et contenant suffisamment de redondances (avec les questions) pour qu'elles ne soient plus nécessaires à la compréhension. Quant à la restitution du fait que les personnes répondent à un jeu question, nous espérons que le montage, la proximité des sujets traités par les différentes personnes le sous-entend suffisamment. Si l'usage montre que ce n'est pas le cas, il faudra le préciser d'une manière ou d'une autre, dans le filmoutil.

La suppression des questions présente aussi des avantages. Les interviews s'étant déroulées dans un climat amical, les interviewéEs n'hésitent pas à revenir sur une réponse, sans éprouver le besoin de le préciser. La “vérité” du jeu “question/réponse” ne se donne pas dans la linéarité formelle. Plus encore, les personnes interviewées ne font pas que répondre aux questions. Ce qu'elles disent à ce moment là est généralement bien plus riche que le cadre étroit de nos questions.

Enfin quand tout doit tenir en 15 minutes, ne pas devoir dédier un temps spécifiques à la formulation des questions dégage une ressource-temps significative.

Les difficultés

Le montage des interviews n'a pas posé de problème particulier. Vu le type de montage mobilisé (plein écran, monopiste), l'exercice s'est largement apparenté à un travail de réécriture textuelle classique. Un temps carressée, la composition multipistes a été évacuée pour cette partie, en raison de la mise en scène abusive qu'elle entraînait.

Finalement, les difficultés ont surgi dans l'écriture du “reste” et dans les transitions avec le reste ; autrement dit, lorsqu'il s'est agi d'écrire avec des matériaux sonores et visuels ;-) Même si l'un ou l'autre étaient textuels. D'où les pis aller que l'on retrouve lors des deux lectures de textes. Même s'il fonctionne, le diaporama d'évocation des TorduEs est affligeant de manque d'inventivité ;-) Il ne s'agissait pas de faire une démonstration de savoir-faire mais il y a fort à penser qu'une connaissance minimale des écritures audiovisuelles auraient probablement permis de réaliser un contenu plus riche en significiations.

Le chapitrage

La réalisation technique

Choix techniques préalables

Nous avons décidé de viser le format DVD-PAL plein parce qu'il ne pose pas de problèmes de compatibilité et qu'il se prête bien à la projection sur grand écran (adapté pour une projection-débat). Le tournage ayant été effectué au format 4:3 (adapté à l'interview) en PAL pleine image (720×576), YUV, le format de projet Cinelerra en découlait. Pour l'audio, ces choix conduisaient à un échantillonnage à 48KHz sur 16bits.

Le fait de disposer d'un format de travail prédéfini a simplifier l'ensemble du travail. Tous les matériaux utilisés ont été préalabemnet convertis ou créés dans un format adapté.

Organisation des données du projet

Vu l'ampleur du travail qui nous attend, on se dit qu'on a plus important à faire que de penser à l'organisation des données. Mauvais choix… Même pour une petite vidéo de 18mn, on croule vite sous le nombre des fichiers en tous genres.

Le cas particulier des rushs

Au sens littéral, les “rushs” sont les images et les sons fixés sur les supports de captation. Dans notre cas, il s'agissait de cassettes DVCAM. Nous les appellerons les orginaux et nous appellerons rushs primaires, les fichiers informatiques obtenus par acquisition du contenu des cassettes. Au prix des cassettes miniDV, il serait dérisoire de ne pas conserver les originaux en ayant pris soin de les verrouiller en lecture seule, stockés dans les meilleures conditions possible, aussitôt l'acquisition réalisée.

En toute rigueur, les rushs primaires ne font pas partie du projet. Il font partie de notre banque de médias dans laquelle nous pourrons puiser pour alimenter différents projets. Ce sont donc des documents à archiver, en dehors de tout projet. Notre projet utilisera des copies plus ou moins complètes, plus ou moins conformes des rush primaires. Ce sont ces copies que l'on appellera les rushs, sans qualificatif.

Organisation par source ou par destination ?

Le principe du montage virtuel est de ne manipuler que des pointeurs vers les sources. Dans l'abstrait, il y aurait donc une multiplicité de source et, à la limite, un unique fichier de pointeur. Dans la pratique, il s'avère utile de créer des assemblages correspondant à des parties ou des sous-parties du projet. Le projet peut également comporter plusieurs branches (une version courte, une version longue, une V1, une V2…). On ne peut donc échapper à une double organisation, par source et par destination. Le tout est de ne pas le faire n'importe comment.

Les sous-partie peuvent être considérées comme des sous-projets dont le résultat (le rendu) est une source pour le projet englobant. Si ce sous-projet utilise des sources qui lui sont inconstestablement spécifiques, ces sources n'apparaitront que dans son répertoire. Sinon, les sources apparaitront à un niveau supérieur dans l'arbre du projet.

La racine du projet contient donc l'ensemble des répertoires des sources et sous-projets. Les seuls fichiers qu'elle contient sont donc le projet lui-même et le rendu primaire à partir duquel seront générés les fichiers aux formats de distribution (DVD, DivX, etc.). Ces distributions seront regroupées dans un dossier supplémentaire, placé à la racine du projet.

L'arborescence de notre projet

L'arbre partiel de notre projet va nous permettre de commenter quelques choix. Les répertoires sont en gras.

cicpa

  • ITW
    • rushs (format de travail)
    • itw1
      • audio
        • itw1.pcm (piste extraite)
        • itw1.aup (fichier de projet audacity)
        • itw1.wav (piste son retraitée)
    • itw1.dv (avec piste son retraitée)
  • marche2006
    • sources
      • rushs
      • piste son orginale
      • captures d'images
        • fichiers png….
    • sélection piste son
    • images traitées formattées
      • fichiers gimp…
  • site tordues
    • images
    • images traitées formattées
  • générique début
    • sources
      • texte
        • texte.odt
        • texte.pdf
        • texte.xcf
      • texte.png
      • images marche 2006
        • fichiers.xcf (traitées formattées)
      • image.png
    • gen_deb.xml
    • gen_deb.dv
    • gen_deb.avi
  • générique fin
  • partie 1
  • partie 2
  • partie 3
  • partie 4
  • cicpa_V1_0.xml (fichier projet Cinelerra)
  • distributions
    • cicpa_V1_O.dv
    • cicpa_V1.0.ogg
    • cicpa_V1.0.avi

Quelques commentaires, en vrac. Les rushs au format de travail ont été extraits des archives ; le fichier de “projet d'extraction” n'a pas été conservé ; il aurait du l'être ; le lien informatique avec les fichiers d'archives est perdu. On constate que les interviews (itw) contiennent un sous-projet audio. Mettre à disposition un fichier vidéo d'interviews intégrant la piste son retraitée facilitera l'utilisation ultérieure ; ce type d'opération est possible car il n'y a pas de dégradation de l'image (recodage). Le générique de début contient une source spécifique. La marche2006 (utilisée dans le seul générique de début) apparait à la racine par précaution ; il était envisagé d'en utiliser des morceaux pour d'autres parties ; donc attention à ne pas être abusivement spécifiques. Dans le générique de début, on voit un fichier avi qui traine ; c'est un fichier temporaire de travail (échange à distance) et non une distribution. Il y a un flottement dans la localisation des images fixes traitées et formattées ; en toute rigueur, elles devraient toujours figurer dans les sous-projets car un format n'a de sens que pour une utilisation donnée.

Rendu progressif

Ne disposant que d'un ordi peu puissant et d'un bête écran 19'', il n'était pas envisageable de gérer l'intégralité du filmoutil dans un seul projet, rendu en une seule fois. D'où l'idée de réaliser un rendu par parties qu'il ne resterait plus qu'a monter entre elles. Et si une partie était trop lourde à traiter, lui appliquer le même traitement.

Initialement vécu comme une contrainte, cette approche s'est avérée payante. En effet, si l'on contrôle tous les micro-morceaux dans un seul projet, la tentation est grande de tout retoucher à tout moment ;-) Figer une partie libère l'espri, permet de prendre de la distance et de mieux entrevoir les tâches critiques qui restent à accomplir.

Il faudra néanmoins penser aux “transitions” entre les parties ainsi rendues. Si le montage est fait “bord à bord”, en audio et en vidéo, il n'y a pas de problème. En vidéo, par exemple, un montage “cut” ou une transition par miroir rotatif se font “bord à bord. Sinon, il suffit de penser à fournir des “amorces” qui serviront à construire les transitions qui demandent un recouvrement. Le montage final étant tout aussi virtuel que les précédents, cette précaution n'ajoute aucune complexité.

Les fiches pratiques

Prendre en main Cinelerra

Connaître les commandes d'un logiciel ne suffit. Pour l'utiliser, on doit comprendre quelle est sa logique technico-fonctionnelle et être capable de construire notre propre logique d'utilisation, cohérente avec celle du logiciel. Or la majorité des “tutoriels” de prise en main disponibles se situent entre une simple description des commandes et déroulé d'actions à suivre pas à pas.

Une exception se dégage néanmoins du lot, c'est le Cinelerra for Grandma dont on regrette qu'il ne soit disponible qu'en anglais…

Naviguer entre et sur les pistes, copier, couper, coller, déplacer, insérer

En première approche, on a une idée assez juste de ce que l'outil de montage est sensé nous permmettre de faire. Le problème est que l'interface et la manière de faire propre à Cinellera nous déroute. Si vous ne voulez pas avoir l'impression qu'on vous a coupé les mains, je vous conseille de prendre de temps de dérouler bêtement le chapitre consacré à la fenêtre de programme. Débrouillez vous pour placer un continu vidéo complet dans la fenêtre de travail et testez toutes les commandes et tous les raccourcis-clavier qui y sont présentées ; même si ça n'a aucun sens en terme de contenu. Dans une premier temps, vous oublierez probablement la plupart des commandes, mais vous vous serez imprégnéE des principes de manipulations de Cinelerra.

De mémoire, les actions les plus contre-intuitives mais indispensables qui m'on bloquéE ont été :

  • l'insertion d'espaces vierges,
  • le redimensionnement de séquences (plusieurs modes, très bien pensés, selon le bouton de la souris utilisé),
  • l'alignement de séquences entre plusieurs pistes (qui ne s'obtient que de manière indirecte, en l'absence de magnétisation des marques).

Quelles que soient les actions vitales de base que vous ne voyez pas comment réaliser, je conseillerais de jouer avec du contenu de test jusqu'à avoir trouvé une manière de faire. Si elle vous parait lourde, vérifiez qu'elle l'ai toujours en n'utilisant que les raccourcis-clavier.

Un certains nombre de choses peuvent également devenir agaçantes mais on apprend à vivre avec :

  • l'ajout involontaire d'images-clés dans les piste vidéo ou son alors que l'on veut simplement sélectionner une zone ou placer le curseur,
  • le fait qu'une transition ne doit pas être déposée à proximité de la jonction entre deux séquence (là où on veut l'appliquer) mais en plein sur la séquence de droite (on comprend pourquoi quand on découvre comment sont réalisées ces transitions automatiques),
  • le fait que, par défaut, le curseur peut être placé n'importe où sur la ligne du temps (on corrige par Configuration→Aligner le curseur sur les images)…
Clips ou Médias ?

Les tutoriels ne sont pas clairs quant à la distinction entre ces deux notions, au sens de Cinelerra. Techniquement la distinction est simple.

Un média est un raccourci vers un fichier. Le raccourci n'existe que dans votre projet Cinelerra alors que le fichier (comme tout autre fichier) existe par lui-même. Effacez le raccourci, supprimez votre projet, le fichier continue à exister. Supprimez le fichier, les raccourcis créés dans votre projet existent toujours mais pointent dans le vide.

Un clip est un repère vers une portion (extrait) d'un fichier, une sorte de “raccourci” sophistiqué qui indique non seulement le fichier concerné mais aussi la portion qui nous intéresse. Vous pouvez avoir de nombreux clips qui repèrent des extraits différents du même fichier. Créer un clip se résume à créer un repère, sans modifier ni créer aucun fichier. Un clip (repère) n'a d'existence qu'au sein d'un projet Cinelerra.

La confusion vient de ce que les médias comme les clips sont tous deux des repères. Dans un cas pratique, quels types de repères doit-on utiliser ? Tout est question de logique d'utilisation. On peut se douter du fait qu'on aura besoin d'au moins 1 média. En effet, sans matériau, point de montage ;-) Mais pour aller plus loin, on doit considérer un exemple d'utilisation et une stratégie de travail appliquée à cet exemple.

Supposons que j'aie filmé une fête et récupéré l'intégralité des données sous la forme d'un unique fichier, par exemple “fete.dv”. Dans Cinelerra, je peux parfaitement ajouter ce fichier à ma liste de médias et glisser-déposer ce média dans ma fenêtre de montage. Je peux alors découper mon film en séquences, déplacer et redimensionner les séquences, jusqu'à obtention du résultat voulu. Une fois mon film monté, je n'ai plus qu'à enregistrer mon projet et à en effectuer le rendu final, sous forme d'un fichier vidéo unique. Si je procède ainsi, je n'ai pas besoin de clips et je peux me passer de la visionneuse.

Je peux aussi m'y prendre autrement… Je commence toujours par ajouter mon fichier à ma liste de médias. Au lieu de passer directement au montage, je glisse le média dans la visionneuse et je découpe mon média en clips, ce qui me permet de donner un nom à chacune des séquences. À la fin, j'ai toujours une seul médias mais plein de clips. Je prends alors les clips et je les glisse dans la fenêtre de montage pour les combiner. Comme dans le cas précédent, je peux ajuster, découper réorganiser tout ce qui se trouve dans ma fenêtre de montage. Ceci n'aura aucune influence sur la définition des clips ni de mon média. En effet, lorsqu'on copie un clip ou un média depuis la fenêtre des ressources dans la fenêtre de montage, on fait une copie des repères. Les opérations de montage ne transformeront que les copies. Il ne me reste plus qu'à enregistrer mon projet et à effectuer le rendu de ma vidéo.

Je peux également utiliser une troisième méthode… Comme dans la première méthode, je dépose l'intégralité du média dans ma fenêtre de “montage” mais je me contente de découper les séquences ; sans rien réorganiser ni redimensionner. Cinelerra m'offre alors la possibilité de créer autant de fichiers de “rendu” que j'ai marqué de séquences. Les fichiers ainsi créés deviennent autant de médias potentiels que je peux utiliser directement dans ce projet ou dans un autre. Ces médias me donneront la même facilité de travail que le découpage en clips. Une fois le montage terminé, je sauvegarde le projet et j'effectue le rendu. Imaginons que j'ai utilisé Kino pour faire l'acquisition de mes données de départ depuis mon camescope, j'aurais très bien pu lui demander de créer autant de fichiers (futurs médias) que de “plans”. Je n'aurais même pas eu besoin d'effectuer le pré-découpage en fichiers.

Techniquement, ces trois méthodes permettent de réaliser exactement la même vidéo. La seule différence, mais elle est de taille, se trouve dans la facilité de travail, la réutilisation du découpage et bien d'autres aspects que ne n'évoquerait pas. Imaginez que certaines séquences demandent à ce que les pistes sons soient “nettoyées” pour être utilisables, cela nous obligera à les isoler dans fichiers spécifiques, en vue d'un traitement avec Audacity, par exemple.

On retiendra qu'un clip n'a d'existence qu'au sein d'un projet Cinelerra alors qu'un fichier existe en lui-même. En pratique, pour une prise de contact avec Cinelerra, peu importe la technique utilisée. Par la suite, il faudra adopter une stratégie d'exploitation et de préparation des données sources (celle qui seront utilisées dans le montage) dans laquelle on sera probablement conduite à utiliser clips et médias.

Le format

La plupart des tutoriels de prise de contact avec Cinelerra font grand cas du format du projet. Pour notre premier contact, on se contentera d'adopter le format des données vidéo sources que l'on utilisera. Si on veut utiliser plusieurs fichiers de données vidéo, on s'attachera à ce qu'elles aient toutes le même format “interne” (taille d'image, images par secondes, fréquence audio). Peu importe que ce ne soit pas réaliste, on se penchera sérieusement sur le format plus tard, lorsqu'on s'intressera à la caméra et au projecteur (des fonctionnalités majeures de Cinelerra).

L'absence de transitions vidéo 3D

Cinelerra propose un jeu restreint de transitions et aucune transition vidéo 3D. Certaines personnes penseront qu'il s'agit d'un lourd handicap, d'autres non. Une chose est certaine, on peut très bien se passer de ce type de “transition” quj est plus une rupture du récit qu'une transition entre images, dans le récit. Et quelque que soit l'effet technique utilisé, on ne masquera jamais un défaut de continuité du récit. Ce qui ne veut pas dire que la vidéo oblige à linéariser le récit en raison d'un support qui impose une linéarité de parcours, mais que la dissociation des deux est avant tout une question d'écriture et pas d'artifices technologiques.

De plus, Cinelerra propose deux fonctionnalités bien plus riches, en termes d'écriture vidéo, que les transitions pré-programmées : la caméra et le projecteur (sans parler d'un nombre raisonnable de filtres). Elles sont bien plus complexes à maîtriser ne serait-ce que parce qu'elles posent de vraies questions d'écriture avant même de soulever des difficultés techniques de réalisation !

Il reste que les transitions pré-programmées permettent de gagner un peu de temps. Or, même avec les transitions les plus banales (fondu-enchaîné audio ou vidéo), leur utilisation est souvent synonyme d'un travail bâclé. On ne souhaite jamais le même fondu-enchaîné, selon les plans entre lesquels se fait la transition, selon le moment du récit, selon les particularités des sources. Sur une table de montage multipistes, chacunE peut toujours réaliser le fondu-enchainé spécifique qu'yel juge le mieux adapté. On s'appercevra que le temps que l'on y aura finalement consacré est infime au regard de l'ensemble du temps de réalisation. Et l'on retrouvera le temps passé dans la qualité du résultat. Bien sûr ce rapport des temps n'est pas vérifié lorsque l'enchaînement du récit est délégué à l'objet magique “transition”. Autrement dit, quand il n'y a pas d'écriture ;-)

Extraire la piste audio d'un fichier vidéo

Démarche

Le but est ici d'extraire la piste audio native, c'est-à-dire sans aucune transformation d'encodage. Puisque l'on ne ré-encode pas le son, on est obligéE de savoir dans quel format et avec quel encodage le son a été stocké dans le fichier…

Un moyen fiable de le savoir est de lancer la lecture du fichier vidéo, avec mplayer, à partir d'un terminal :

mplayer ma_video.ext

Cette commande ouvre une fenêtre dans laquelle s'affiche la vidéo, mais ce n'est pas celle-là qui nous intéresse. On revient sur la fenêtre du terminal, on peut arrêter la lecture (ctrl-C) et lire les information affichées par mplayer. On y trouvera l'information recherchée et notamment celle qui nous indiquera l'extension de fichier à utiliser.

L'extraction proprement dite est effectuée par mplayer, avec les options adaptées :

mplayer -dumpaudio -dumpfile piste_son.ext ma_video.ext
Exemple

Je veux extraire la piste audio d'un fichier DV (ma_video.dv) obtenu par acquisition depuis mon camescope.

mplayer  ma_video.dv

affiche

Forced audio codec: mad
Opening audio decoder: [pcm] Uncompressed PCM audio decoder
AUDIO: 48000 Hz, 2 ch, s16le, 1536.0 kbit/100.00% (ratio: 192000->192000)

On voit que le signal audio est encodé au format PCM, sans compression, qu'il y a deux canaux (2ch), qu'il est échantillonné à 48KHz, quantifié sur 16 bits (2 octets) et que les octets sont rangé dans l'ordre poids faible d'abord (le = little endian). Comme je sais d'où vient mon fichier dv, je peux dire que les deux canaux correspondent à une piste stéréo et non à deux pistes mono.

J'extraie donc ma piste stéréo en connaissance cause :

mplayer -dumpaudio -dumpfile mon_son.pcm ma_video.dv
Récupération de la piste dans Audacity

J'ai intérêt à bien mémoriser toutes les informations collectées car j'en aurai besoin si je veux ouvrir mon fichier audio (pcm) dans un logiciel de traitement audio tel que Audacity. En effet, Audacity va considérer qu'il s'agit d'un fichier audio dans un format brut. On devra donc l'importer avec la commande import→raw.

Audacity demande alors quelles sont les caractéristiques d'encodage du signal audio enregistré dans le fichier que l'on veut importer. On indique celles que nous a révélées mplayer et tout se passera bien ;-)

Pourquoi ne pas utiliser Cinelerra ?

Dans l'exemple cité (ma_video.dv), on aurait très bien pu utiliser la commande “rendu” de Cinlerra. Il aurait toutefois fallu s'assurer que l'on rendait bien dans le même format que le format d'origine. Pour les formats de fichiers qu'il reconnait, Cinelerra est capable d'afficher les caractériques d'encodage des signaux audio et vidéo. Il suffit de faire un clic-droit→info sur la ressource voulue, dans le répertoire media de Cinelerra. En choisissant attentivement le format du projet et en paramétrant correctement le rendu, on peut réaliser l'extraction souhaitée.

L'avantage de la technique utilisant mplayer vient de ce que mplayer reconnaît beaucoup plus de formats que Cinelerra et qu'elle ne demande aucun paramétrage pour être certainE que l'on récupère la piste audio dans son encodage natif.

Rehausser le son d'une interview

Transition miroir rotatif avec Cinelerra

Il s'agit de reproduire l'effet de transition 3D d'un miroir à deux faces qui va pivoter. Sur une face, on voit la première séquence. Sur l'autre face on voit la seconde.

Pour restituer l'effet 3D on utilise le filtre perspective. Cette transition est d'autant plus facile à réaliser qu'elle n'implique aucun chevauchement des séquences.

En pratique

2 séquences sont montées “cut” sur la même piste que l'on a pris soin d'armer :

  • placer le point d'entrée et de sortie 7 images à gauche et à droite du point de jonction (ajuster le nombre en fonction de vos goûts ; ça peut être asymétrique)
  • insérer l'effet de perpective
  • activer les images-clé automatiques
  • placer le curseur au point de jonction et afficher les options de l'effet ; prendre deux points opposés de la grille et les ramener tous les deux à x = 50 - y = 50 (au centre) ; la grille n'est plus qu'une diagonale.
  • placer le curseur au point d'entrée, réinitialiser la grille
  • placer le curseur au point de sortie, réinitialiser la grille
  • désactiver les images-clé
  • ctrl-espace pour contempler le résultat ;-)

Décomposer une image en puzzle avec Le Gimp

Créer un DVD autostart

Créer l'arborescence du DVD
  • lancer l'application Kino
  • insérer la séquence (fichier de rendu dv de Cinelerra) qui deviendra l'unique chapitre du DVD
  • dans exporter→autres, choisir
    • outil:DVD-Video Dual Pass
    • profil: DVD-Video directory
    • fichier: nom du répertoire où sera créée l'arborescence du DVD
    • exporter !
Graver le DVD ou créer une image iso
  • lancer l'application K3B
  • Fichier→Nouveau projet→Nouveau projet DVD vidéo
  • ouvrir le répertoire où Kino a créé l'arborescence du DVD
  • glisser-déposer les répertoires AUDIO_TS et VIDEO_TS dans la fenêtre de projet de K3B (elle contient déjà ces répertoires, mais vides)
  • graver ou créer un image iso, comme on le ferait avec n'importe quel projet K3B
Affiner l'encodage de la vidéo

L'encodage suggéré ci-avant a donné de bons résultats. Si vous rencontrez des problèmes de qualité (carrés visibles dans les zones peu définies, par exemple), il est possible de piloter finement l'encodage à partir de l'application mencoder (lisez tout le chapitre). Cette technique n'utilise pas un autre encodeur que la technique précendente mais permet de régler précisément les paramètres du programme d'encodage (libavcodec).

Capturer des images fixes d'un DV

Si la vidéo dont on souhaite capter les images est entrelacée, il faut la désentrelacer. Sinon, on passe directement à la capture.

Désentrelacer

  • lancer l'application Cinelerra
  • ouvrir le fichier dv qui nous intéresse (ou tout autre format)
  • appliquer l'effet de désentrelacement
  • rendre le projet en dv (faire attention aux paramètres du projet)

Capturer les images

Après Cinelerra et Kino, utilisons Kdenlive… Bienvenue dans le monde du logiciel libre ;-)

  • lancer l'application Kdenlive
  • charger le fichier vidéo désentrelacé
  • fermer toutes les fenêtre qui ne servent à rien (redimensionnement automatique)
  • Extraire trame sur les images qui nous intéressent (clic-droit sur la fenêtre de visualisation)

On navigue dans la vidéo avec les commandes-clavier classiques :

  • avance-recul image par image avec la flêche droite-gauche
  • marche-arrêt avec la barre d'espace

Par défaut l'image est exportée en png. Impec !

 
public/le_filmoutil.txt · Dernière modification: 2011/06/30 16:02 par flaz
 
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